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dimanche 22 septembre 2013

Les Mondes d'Ewilan, de Pierre Bottero

Pour des infos sur l'auteur, voir le billet :


Tome 1 : La Forêt des Captifs

Illustration :
Jean-Louis Thouard

Présentation de l'éditeur : Tandis que ses parents explorent des territoires sauvages de l'autre monde, Ewilan se retrouve prisonnière sur Terre d'une étrange Institution. Au coeur de ce laboratoire clandestin, la Sentinelle félonne Eléa Ril'Morienval fomente son retour en Gwendalavir qu'elle cherche plus que jamais à conquérir. Traumatisée et réduite à l'impuissance par de terribles expériences, Ewilan ne peut compter que sur le courage de Salim et le sacrifice d'un homme-lige. Il lui faudra apprendre la patience sous l'oeil bienveillant d'un vieil ermite, afin de recouvrer ses forces. Alors seulement sonnera l'heure de la vengeance.


Retour en Gwendalavir... en quelque sorte. La suite des aventures d'Ewilan s'ouvre sur un tome dont l'action se déroule en fait exclusivement dans nos contrées.

Comme le suggère le résumé, l'histoire est ici marquée par une note bien plus sombre que dans la première trilogie. De retour sur Terre pour deux semaines de pause, Ewilan et Salim sont attaqués. Ewilan est capturée et droguée de manière à ne pas pouvoir se servir du Dessin. Salim fera tout son possible pour la libérer, utilisant à fond son apprentissage - toujours en cours - de marchombre. Alors bien sûr Pierre Bottero ne va pas jusqu'à décrire le calvaire d'Ewilan dans tous les détails. Mais les quelques éléments décrits et l'état dans lequel elle finit sont suffisants.

Ce tome est une réussite. On retrouve avec plaisir ces personnages, même si la plupart n'ont guère changé et même si la fine équipe n'est réunie que tardivement. On retrouve le style direct et fluide de Bottero, qui est un vrai régal. Du point de vue de l'écriture, il faut aussi mentionner que ce que je trouvais être le principal défaut de la première trilogie a disparu : pas de problème de rythme, pas de contraste trop grand entre de longues périodes de voyage et une résolution rapide. Au contraire, ce tome se démarque par une entrée en matière immédiate, avec pendant la première partie une alternance entre passé et présent qui permet de décrire de manière prenante l'enlèvement d'Ewilan et les efforts faits pour la libérer. Même la période de convalescence ne ralentit pas beaucoup le rythme : outre quelques péripéties, elle est surtout marquée par la tension de savoir si Ewilan va prendre le dessus, et dans quel état.

Bien qu'il soit en quelque sorte auto-suffisant, ce tome contient également de nombreuses pistes pour la suite. La plus séduisante est sans doute l'existence du personnage d'Illian, petit garçon doté d'un incroyable pouvoir, enfermé dans l'Institution comme Ewilan, et qui se trouve venir du même monde qu'elle. Mais pas de Gwendalavir. C'est donc confirmé : il y a des hommes ailleurs que dans l'Empire. Et ce que l'on devine de cette civilisation à travers le comportement d'Illian laisse entrevoir un risque d'affrontement futur.

Il y a aussi la question des relations entre notre monde et Gwendalavir, et de l'avenir de notre bonne vieille Terre. Les Ts'liches y ont fui, et projettent bien évidemment de nous soumettre comme ils avaient soumis les hommes en Gwendalavir il y a fort longtemps. Edwin, Ellana et Siam semblent avoir jugulé cette menace, mais il n'est pas tout à fait sûr que les monstres aient été éradiqués. Surtout, toute cette pagaille s'est déroulée au vu et au su d'un homme de l'ombre du gouvernement. Ce n'est plus qu'une question de temps avant que les deux mondes se rencontrent officiellement et que des relations s'instaurent. La question est de savoir lesquelles.

Lecture pour le Big Challenge 2013 de Livraddict


Illustration :
Jean-Louis Thouard


Quatrième de couverture : "Le brûleur arrivait sur eux à une vitesse hallucinante. Ellana encocha une flèche. Edwin tira son sabre, Salim son poignard. Le coeur serré par l'angoisse, Ewilan comprit pourtant qu'ils ne pourraient pas arrêter le monstre. Elle se glissa dans l'Imagination."



[A mon avis le site de l'éditeur en révèle trop, mais si vous n'avez pas peur c'est ICI]


Environ un mois après les évènements du tome précédent, Ewilan et Salim ont repris le cours de leur vie. De retour dans l'Empire, elle se consacre à l'Académie. Lui poursuit sa formation avec Ellana. C'est d'ailleurs l'occasion de gratter la surface de la Guilde des Marchombres, comme une mise en bouche pour la trilogie suivante Le Pacte des Marchombres.

Tandis qu'elle cherche un moyen d'intégrer l'expédition qui ramènera Illian à Validaï, Ewilan découvre une menace dans l'Imagination. Un monstre y sévit, physiquement présent dans cette dimension comme peut l'être le Dragon. Le monstre y provoque de nombreuses destructions et constitue un danger mortel pour les Dessinateurs, donc pour l'Empire, et l'ensemble du deuxième monde. Et contrairement à ce qui se passait avec les Ts'liches, les pouvoirs d'Ewilan ne la mettent pas à l'abri. La solution se trouve peut-être à l'Oeil d'Otolep.

Côté enjeux, l'histoire monte donc en puissance. A la menace dans l'Imagination s'ajoutent l'incertitude à propos des intentions de Valindaï et les relations avec la France - qui n'ont pas été complètement oubliées. Sans compter que l'ombre d'Eléa Ril'Morienval est encore présente. De nouveaux personnages, plus ou moins sympathiques, sont introduits. L'univers s'épaissit d'autant, avec quelques précisions l'air de rien sur les Marchombres, les Dessinateurs, l'armée. Evidemment la troupe habituelle constitue encore le noyau. Salim et Ewilan affûtent leurs compétences tout en connaissant les premières affres de l'adolescence. Les autres restent fidèles à eux-mêmes et les interactions au sein du groupe évoluent peu. Mais la stabilité a du bon puisque celles-ci fonctionnaient déjà bien dans les romans précédents.

La plume de Bottero est toujours aussi agréable et maîtrisée. Dans ce tome il semble revenu au schéma de base de la première trilogie : un voyage avec un objectif. Mais pas de contraste trop fort entre le voyage et la conclusion puisque le tome se termine sur une étape - certes importante - du voyage. Bottero a donc fait le choix de répartir les évènements sur deux tomes, ce qui met pas mal de pression sur le troisième. Toujours du côté des procédés, l'auteur utilise habilement certaines ficelles un peu grosses pour brouiller les pistes : pendant que le lecteur est occupé avec ce que Bottero veut bien qu'il devine, d'autres éléments sont introduits plus subtilement. C'est comme ça que certaines péripéties se mettent à fonctionner vraiment bien.

Il ne reste plus qu'à découvrir Valindaï - qui paraît de plus en plus inquiétante - et la conclusion de cette histoire. Avec Bottero aux commandes, on est confiant.



Illustration : Jean-Louis Thouard
Quatrième de couverture : Un frisson d'angoisse parcourut le dos d'Ewilan. "L'Appel Final mérite des jeux extraordinaires, peuple de Valingaï, poursuivit Baaldoub. Je t'ai donc concocté un programme éblouissant, un programme sanglant, un programme à ta mesure !"

Le voyage d'Ewilan et ses amis se poursuit et nous permet de découvrir des territoires nouveaux dans ce monde. On passe vite fait sur la Mer des Brumes, et nous voilà dans le désert Ourou. Toute la difficulté et tous les dangers de la traversée du désert - où l'Imagination n'est pas accessible - sont véhiculées sans tomber dans le piège de la lenteur. La troupe se rend à Hurindaï, espérant y rejoindre les parents d'Ewilan et Akiro/Matthieu. Le moment est mal choisi, puisque les armées de Valingaï sont en route pour conquérir Hurindaï. La troupe risque fort de se retrouver piégée en plein milieu d'une guerre.

Et s'ils parviennent jusqu'à la cité, les ennuis ne feront que commencer. Quels dangers les attendent dans la cité qui vénère Ahmour, le monstre ayant envahi l'Imagination et menaçant de passer dans leur dimension ? Quels risques courent-ils en accompagnant Illian, dont le comportement devient de plus en plus bizarre tandis qu'ils se rapprochent de sa patrie ? Qui est le mystérieux vagabond silencieux qui semble suivre leur piste depuis la fin du tome précédent ?

Comme d'habitude, le style fluide et la maîtrise du récit permettent au lecteur de s'immerger facilement dans l'univers de Pierre Bottero. On tourne les pages sans pouvoir s'arrêter. Alors bien sûr cela aurait créé un déséquilibre vis-à-vis des tomes précédents, mais il aurait pu y avoir 100 pages de plus : je les aurais englouties sans problème. Si la trame principale est encore une fois relativement directe, l'auteur parvient à faire avancer l'histoire tout en développant son univers naturellement et juste ce qu'il faut : assez pour que le lecteur s'immerge, mais tout en lui laissant la possibilité de faire travailler son imagination dans la direction qu'il souhaite. Sans compter qu'il y a du mouvement du côté des personnages. Tandis que certains traversent des moments de crise personnelle, d'autres se révèlent. D'autres encore nous surprennent, y compris l'héroïne.

Comme le roman parfait n'existe pas, à mon avis, je pourrais relever toutes les petites imperfections qui traînent ici ou là. On peut par exemple considérer que quelques aspects auraient pu être exploités un peu plus - notamment dans la dernière partie de ce troisième tome. Mais tout cela reste très marginal et cette deuxième trilogie se conclut encore une fois avec un très bon moment de lecture. Ce sera un plaisir de retrouver cet univers dans d'autres livres de l'auteur.

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