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samedi 28 septembre 2013

Un monde idéal où c'est la fin, de J. Heska

L'auteur : Né en 1983 dans le Var, J. Heska est un jeune auteur. Qui a tout de même trois romans publiés à son actif. Brouillé avec son premier éditeur, il crée les éditions Seconde Chance à Lille et s'auto-publie pour ses deuxième et troisième romans. En voilà un qui en veut, au point d'enfiler la double casquette auteur/éditeur. Quand on sait que son activité d'écrivain ne lui permet pas (encore ?) de lâcher son travail, on admire d'autant plus le boulot abattu.




Présentation de l'éditeur : Bienvenue dans un monde idéal !
Un monde idéal où la civilisation telle que nous la connaissons n'existe plus. Dérèglement du temps ? Avènement de la magie ? Crise climatique irréversible ? Epidémie mondiale de mort subite ? Extra-terrestre maladroits ? Invasion de poireaux découpeurs de cervelle ? Crise de déprime globale ? Robots hors de contrôle ? Zombies entreprenants ?
Découvrez 100 histoires drôles, émouvantes, tragiques ou absurdes qui mènent à notre perte !


Avec ce recueil de courtes nouvelles, l'auteur nous donne (presque) toutes les raisons de croire que tout va mal finir. De la stupidité de l'homme à l'accident complètement inévitable, les causes possibles de notre fin ne manquent pas. L'auteur enchaîne les développements tour à tour improbables, inquiétants de plausibilité ou absurdes.

Ce qui frappe dans ce recueil, c'est donc d'abord la diversité des scénarios. C'est surtout l'efficacité de l'écriture. En effet, il ne faut pas plus de deux pages à J. Heska pour planter un décor, introduire quelques personnages, mettre en scène une fin du monde. Parfois un paragraphe y suffit. En dehors de la simplicité de l'écriture, cet effet est aussi provoqué par une utilisation judicieuse de nombreuses références.
Il y a bien sûr une foule de référence à des oeuvres de Fantasy, Science Fiction et autres : Dune, Le Cycle des Robots, Harry Potter, Terminator, Stargate, Matrix, etc. Et même une nouvelle qui reprend l'idée du cimondisme tiré du premier roman de l'auteur, Pourquoi les gentils ne se feront plus avoirIl y a aussi la reprise et la réappropriation de thèmes et de codes très familiers : crise financière, inquiétudes écologistes, etc. Tout cela permet au lecteur de se retrouver le plus souvent en terrain plutôt familier, et facilite d'autant sa lecture : quelques lignes suffisent alors pour qu'il puisse tout de suite se représenter la situation et le contexte, et compléter de lui-même le tableau.

Et puisqu'on parle de l'écriture il faut aussi souligner que J. Heska a varié les plaisirs pour éviter de rendre la lecture monotone, même quand on lit plusieurs nouvelles d'une traite. On trouvera donc de l'uchronie comme de l'histoire à chute, différents types de narrateurs, différents registres et même quelques variations de style. Bref, pas mal de boulot pour un résultat convaincant.

L'autre levier de ce recueil qui a très bien fonctionné pour moi, c'est l'humour. On en trouve des formes différentes quoique très proches : cynique, pince sans rire, parfois noir, souvent mordant, quelques fois tourné vers l'absurde. J'avoue que c'est un genre d'humour auquel je suis réceptif. Mais je pense aussi que, quand on veut placer de l'humour dans un tel recueil, c'est un genre qui de toute façon fonctionne bien avec le thème de la fin du monde. Ce qui est également plaisant, c'est que l'ironie n'a pas tant vocation à faire passer une opinion de l'auteur qu'à rendre telle situation cocasse et à amuser. De sorte qu'on est pas envahi par les idées et jugements de l'auteur, même si on pense les deviner de temps à autres.

C'est peut-être parce que l'auteur et moi sommes de la même génération et avons visiblement pas mal de goûts en commun. Peut-être que ces nouvelles ne plairont pas autant à d'autres générations - ou des gens ne partageant pas les mêmes références ou le même humour. Je serais bien en peine de pouvoir prédire du succès du livre pour un autre lectorat. En tout cas pour ma part j'ai passé un excellent moment avec ce livre, qui va bientôt rejoindre ma bibliothèque. (Merci à Koré de m'avoir prêté son exemplaire en attendant que je me le procure. Cela fait quelques temps que je lorgnais dessus)

Et puisque J. Heska habite en ce moment à Lille, je peux compter cette lecture pour le Challenge C'est arrivé près de chez vous.



4 commentaires:

  1. Tu vois que cela sert de manger du canard :p

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  2. On joint l'utile à l'agréable, oui :P

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  3. Il attise vraiment ma curiosité celui-là, et je pense qu'après ta critique il va définitivement rejoindre ma wish-list!

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    1. Vraiment je te le conseille. En plus il est tout à fait abordable. Si tu n'as rien contre le format électronique, il est à 2,99 euros sur Kindle. Sinon le format papier est juste en dessous de 10 euros.
      Ca vaut le coup parce que ce sera au moins un très bon moment de détente

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