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jeudi 19 septembre 2013

Les Bannis et Les Proscrits, de James Clemens

L'auteur : James Paul Czajkowski (né en 1961) est conscient que le bouche-à-oreille a un grand rôle dans le succès d'un bouquin. C'est pourquoi il écrit sous des noms de plume (James Clemens pour la Fantasy et James Rollins pour le thriller et le roman d'aventure), et on l'en remercie. Cet américain titulaire d'un doctorat en médecine vétérinaire a progressivement abandonné son cabinet et son premier métier pour se consacrer à l'écriture.

Tome 1 : Le Feu de la Sor'cière

Illustration :
Anne-Claire Payet

Présentation de l'éditeur : Par une nuit fatale à Alasea, pays ravagé par une malédiction, trois mages accomplissent un ultime sacrifice dans l'espoir de préserver le bien. Cinq cents ans jour pour jour après cette nuit funeste, une jeune fille hérite d'un pouvoir perdu depuis longtemps. Mais avant qu'elle puisse en saisir les implications, le Seigneur Noir lance ses hordes des ténèbres pour s'emparer du pouvoir embryonnaire qu'elle détient. Dans sa fuite, Elena est précipitée vers une issue terrible... mais aussi vers la compagnie d'alliés inattendus, avec lesquels elle va tenter de combattre les forces maléfiques et de secourir un empire autrefois glorieux.

Voilà quelques temps que plusieurs personnes m'ont suggéré de jeter un oeil aux romans de James Clemens. Maintenant que j'ai lu ce roman, je crois que je comprends l'enthousiasme de certains, car ce premier tome est effectivement prometteur. Mais il n'est pas exempt de défauts, et je commencerai par ceux-ci.

Deux choses m'ont gêné dans la lecture. Le roman est divisé en cinq parties. Or, le passage entre la première et la deuxième m'a semblé vraiment manqué. C'est en effet en pleine action que la première partie s'achève et que commence la deuxième partie qui se déroule en un tout autre lieu et avec de tout autres personnages. Si je comprends le procédé qui vise à maintenir une tension, cela a été fait trop radicalement, au mauvais moment. Il est alors assez difficile de se plonger dans la deuxième partie. Alors que l'on est bien immergé dans l'histoire, c'est assez désagréable d'en sortir un peu contre sa volonté et de devoir refaire un effort pour continuer la lecture. Heureusement, ce phénomène va faiblissant et cette "erreur" ne se répète pas.

Le deuxième point un peu décevant concerne l'héroïne. Etant donné ce qu'elle vit dans ce premier tome, on comprend qu'elle soit choquée et effrayée. Mais les brusques changements dans sa psychologie sont trop répétés (et décrits de manière souvent trop similaire). De plus, il y a quand même un trop grand écart entre ce que l'on sait de son état de panique et de faiblesse et la manière dont les autres personnages la perçoivent. Mais il est vrai que l'on a affaire à une jeune fille aux portes de l'âge adulte et qu'il vaut mieux attendre de voir son évolution pour se faire une idée définitive.

Ces points gênants ne doivent pas masquer les points forts du roman. On a affaire à un univers Fantasy plutôt standard, mais quelques touches d'originalité s'intègrent assez efficacement ici ou là (je ne parle pas des modifications orthographiques à grand coup d'apostrophes incongrues). Surtout, avec des personnages de races différentes et pour la plupart à la marge de leurs sociétés, l'auteur a pu nous immerger assez adroitement dans leurs univers respectifs. On constate que James Clemens cherche à ne pas léser l'une ou l'autre des races et à donner à chaque personnage suffisamment de relief et de contexte pour qu'on s'intéresse à eux. La deuxième partie, par exemple, nous plonge dans l'univers des og'res. Bien sûr en un seul roman il ne peut pas traiter tous les personnages avec le même soin, mais on peut être optimiste en pensant à la suite de la saga. J'attends pas mal de choses du personnage de Meric (ou de ses congénères) qui fait preuve d'une ambiguïté bienvenue au milieu d'une troupe dont les buts sont révélés un peu trop vite.

Avec ses personnages en général réussis et les quelques informations disséminées dans ce tome d'introduction, James Clemens a donc réussi à laisser entrevoir un univers plutôt intéressant. Si la saga semble reposer sur des mécanismes plutôt classiques (un Seigneur Noir à bouter hors du monde), quelques touches originales empêchent de fermer le livre avec un air trop fort de déjà-vu. Encore une saga dont je lirai le deuxième tome en espérant ne pas être déçu de la suite.


Lecture pour le Big Challenge et le Baby Challenge Fantasy 2013 de Livraddict



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